Thursday, January 03, 2008 8:45 AM
Marc Gardette
Démystifions la position de Microsoft vis à vis de l’Open Source
Microsoft est une société pour le moins pragmatique et ayant, à de nombreuses occasions, montré qu’elle savait s’adapter à la réalité des marchés et aux attentes de ses clients.
Ce pragmatisme joue aussi en ce qui concerne ses convictions vis-à-vis de l’opposition présentée entre les deux principaux « modèles » de mise à disposition des logiciels : la position de Microsoft est que le futur du logiciel ne sera pas dominé par un seul modèle de développement, un seul modèle économique, ou un seul modèle de licence. Les innovations futures ne viendront pas exclusivement des gouvernements ou de l’industrie privée ou encore d’une coalition d’individus travaillant au sein de communautés de passionnés. Cette innovation continue, voire frénétique, dont a bénéficié l’ensemble du monde informatique et qui a bouleversé la société durant les trente dernières années, dépend complètement d’une bonne cohabitation des différentes approches et technologies dans un contexte d’ouverture, de choix et de saine concurrence.
Microsoft a appris de la communauté Open Source qu’une plus grande collaboration et une plus grande transparence amélioraient la relation avec ses clients (ça c’est pragmatique !), et que la stratégie la plus efficace pour une entreprise commerciale est de trouver le bon équilibre entre l’investissement en recherche et développement et le partage de son capital intellectuel sous forme de code source à la fois pour référence et collaboration.
Cette stratégie s’incarne chez Microsoft avec l’initiative Shared Source, qui a pour objet de proposer, par le biais de licences particulières, d’une forge (CodePlex), de programmes gouvernementaux ou éducatifs, l’accès au code source (les « contraintes » n’étant pas les mêmes pour des technologies stratégiques telles que Windows, Windows CE, Office que pour des outils de développement comme WiX et WTL). Le tout en essayant de trouver le moyen de proposer le meilleur de l’Open Source (accès au code, développements collaboratifs) tout en essayant de rassurer ses clients sur les engagements qu’ils attendent d’un fournisseur de technologies comme par exemple une garantie contre d’éventuelles actions en justice liées à des problèmes de propriété intellectuelle pour les programmes qui sont intégrés dans l’OSP (Microsoft Open Specification Promise).
Une position pragmatique et relativement équilibrée donc …
Et dont la pertinence semble s’imposer à de nombreux éditeurs, avec le développement du mouvement « Open Source Commercial » qui n’est, si l’on y réfléchit bien, qu’une autre approche pour trouver le nécessaire équilibre entre des modèles qui peuvent être complémentaires.