A l’occasion de la sortie de l’étude du Berkman Center for Internet & Society (Harvard) et du Research Center for Information Law (Saint-Gall, Suisse) sur l’interopérabilité des technologies de l’information et de la communication, je vous propose de faire le point sur l’approche globale de Microsoft concernant ce sujet. Je reviendrai dans un autre poste sur les conclusions de cette étude.
L’interopérabilité qu’est ce que c’est ?
D’un point de vue global, l’interopérabilité relie des personnes, des données et des systèmes différents. C’est dans le domaine informatique, une caractéristique des produits proposés, au même titre que la sécurité, la fiabilité ou la facilité d’utilisation.
L’interopérabilité peut se diviser en deux grandes catégories : l’interopérabilité technique et l’interopérabilité humaine. Les distinctions entre les deux sont importantes, en particulier en matière de rôles joués par le secteur et par les instances gouvernementales pour faire progresser les objectifs de l’interopérabilité.
L’Interopérabilité technique. L’interopérabilité technique est la capacité de réseaux, d’applications ou de composants informatiques hétérogènes à échanger et à utiliser des informations, à « se parler ». Elle renvoie aux problèmes techniques que pose la liaison entre des produits et services informatiques issus de fournisseurs multiples, souvent concurrents. Elle couvre des domaines technologiques tels que virtualisation, intégration des données, interfaces, accessibilité et sécurité. C’est là l’aspect le plus simple de l’interopérabilité, dans la mesure où des systèmes sont développés et mis au point via des procédés techniques, et qu’il existe toujours des mécanismes permettant d’inventer des solutions aux problèmes techniques.
L’interopérabilité technique est très différente de l’interchangeabilité. On parle d’interchangeabilité lorsqu’un produit reproduit exactement les fonctionnalités d’un autre produit –– c'est-à-dire fonctionne comme un même produit et non comme s’il s’agissait de deux produits différents « se parlant ». A l’inverse, l’interopérabilité, permet à différents types de logiciels ou de systèmes (et de développeurs) de faire ce qu’ils font le mieux –– ce qui favorise la créativité, l’innovation, la concurrence et la diversité du choix ––, tout en leur assurant de pouvoir communiquer pour échanger des données.
Interopérabilité humaine. L’interopérabilité humaine englobe des questions moins concrètes et, souvent, plus complexes d’interopérabilité sémantique (la signification des données), organisationnelle et juridique/stratégique :
1. L’interopérabilité sémantique qui est la capacité de deux ou plusieurs systèmes informatiques à échanger des informations dont la signification est exactement et automatiquement représentée et interprétée à la fois par le système émetteur et récepteur.
2. L’interopérabilité organisationnelle qui concerne la manière dont des organisations (par exemple, ministères, bureaux et gouvernements nationaux) définissent des objectifs et des modèles et, par ailleurs, interagissent pour échanger des informations nécessaires à l’exécution de certaines tâches (par exemple, émission de visas, communication de dossiers médicaux et transmission de données financières).
3. L’interopérabilité juridique/stratégique qui concerne les stratégies juridiques et/ou commerciales à mettre en place entre organisations pour assurer l’exactitude, la fiabilité et l’utilité des échanges d'informations.
Il est important de noter que ces deux axes évoluent à des vitesses différentes créant un défi encore plus grand. Le temps que les lois évoluent, les technologies sous-jacentes qui supportent l’interopérabilité pour répondre à ces besoins peuvent avoir changé de multiples fois.
La stratégie de Microsoft pour l’interopérabilité technique
Bill Gates a introduit ce concept d’interopérabilité par conception il y a déjà plus de deux ans. Sa vision était basé sur le rôle étendu de XML et le développement de technologies qui permettent à nos clients d’utiliser leurs données et systèmes existants. Pourquoi faisons nous tout cela et pourquoi est ce important ? Parceque c’est important pour nos clients qui ont toujours travaillé dans des environnements hétérogènes et qui demandent un haut degrè d’interopérabilité entre leurs fournisseurs IT. En tant que leader de cette industrie, il est donc de notre responsabilité de supporter l’interopérabilité pour promouvoir l’innovation et de le développement de l’industrie du logiciel dans son ensemble.
Cette initiative est supportée au plus haut niveau par un senior vice president A Bob Muglia.
Cette stratégie , d’intéropérabilité par conception repose sur quatre piliers, les produits, la communauté, les accès et les standards que je vous propose de découvrir plus en détail :
1. Les produits : Conception explicite de produits et de fonctionnalités répondant immédiatement aux besoins d’interopérabilité du client. Quelques illustrations :
o Windows Vista prend en charge des milliers d’applications tierces et de périphériques par l’utilisation massive d’interfaces de programmation d’application (API), de kits de développement logiciel (SDK), de kits de développement de pilotes (DDK) et autres outils de développement. (Voir http://msdn2.microsoft.com/en-us/library/aa480185.aspx.)
o Les applications Microsoft Office 2007 utilisent les nouveaux formats de fichiers Office Open XML (Ecma 376) comme formats par défaut, ce qui enrichit les fonctionnalités, l’interopérabilité et les flux de données à travers la diversité des systèmes et applications (Microsoft et autres) de toute l’entreprise, ainsi qu’avec les partenaires et les clients où qu’ils soient dans le monde. Outre l’intégration directe de cette fonctionnalité interopérable dans le produit, Microsoft a également développé un traducteur Open XML qui permet aux utilisateurs de convertir le format Open XML au format ODF et vice versa.
o Microsoft BizTalk Server, qui permet l’intégration des processus métier, offre plus de 30 adaptateurs d’intégration prédéfinis à HL7, JD Edwards, mySAP, Oracle, PeopleSoft, RosettaNet, SAP, Siebel, TIBCO et autres applications métiers. Ainsi, les développeurs peuvent écrire leurs propres adaptateurs personnalisés à l’aide de BizTalk Server Adapter Framework pour se connecter à d’autres applications de services Web. (Voir http://www.microsoft.com/biztalk/default.mspx.)
o Microsoft a développé des produits tels que System Center Operation Manager (http://www.microsoft.com/mom/default.mspx) et Identity Lifecycle Manager (http://www.microsoft.com/ilm/default.mspx), pour améliorer l’intégration, l’interopérabilité et la simplicité d’administration et de fonctionnement de réseaux informatiques complexes.
o En général, Microsoft privilégie des logiciels interopérables avec les grands systèmes et mini-ordinateurs, d’autres systèmes d’exploitation (Mac OS et Linux, par exemple), les réseaux NetWare ou AppleTalk, des dizaines de langages de programmation (de COBOL et de RPG aux tout derniers langages expérimentaux en passant par C++ et Java), des centaines de bases de données (notamment Oracle, Sybase et DB2), des applications métiers courantes (SAP ou Siebel, par exemple), des standards des marchés verticaux (SWIFT ou HL7, par exemple) et des systèmes de messagerie électronique, ainsi que des produits d’infrastructure assurant le fonctionnement des files d‘attente de messages, des services d’annuaire, de l'administration et de la sécurité. (Voir les fiches d’information sur l’interopérabilité à ces adresses : http://www.microsoft.com/france/interop/featured/default.mspx
2. La communauté : Coopération avec la communauté informatique (y compris partenaires, clients et concurrents) pour développer des produits et des solutions interopérables. Quelques illustrations :
o Microsoft continue de parrainer des initiatives (Interoperability Executive Customer Council, par exemple) visant à identifier des domaines où l’interopérabilité de ses produits et technologies peut être améliorée, ainsi qu’à promouvoir l’adoption de cette technologie sur le marché. (Voir http://www.microsoft.com/presspass/features/2007/may07/05-29interopqa.mspx.)
o Microsoft a conclu des alliances de coopération avec des concurrents et des partenaires clés pour promouvoir l’interopérabilité, notamment : AOL et Yahoo! (interopérabilité de la messagerie instantanée), Cisco (interopérabilité des solutions de sécurité et de voix sur IP), Oracle (interopérabilité des bases de données), PalmOne, Motorola et Symbian (interopérabilité de la messagerie électronique), Sun Microsystems (interopérabilité entre Windows Client, Windows Server et Java-.NET), Research in Motion (interopérabilité de la messagerie instantanée avec Blackberry), Nokia (interopérabilité de la musique numérique sur différents dispositifs sans fil), Vodafone (interopérabilité PC-mobiles), IBM, SAP, BEA (interopérabilité et standards des services Web), JBoss (interopérabilité open source et Windows Server), SugarCRM (interopérabilité CRM open source et Windows Server), RealNetworks [interopérabilité des médias numériques (musique et jeux)], Siemens (collaboration en temps réel et communications de l’entreprise), Texas Instrument (interopérabilité des centres multimédia portables), France Telecom (interopérabilité des plateformes), Novell (interopérabilité Windows-Linux), Xandros (administration système, interopérabilité des serveurs et compatibilité des documents), XenSource (virtualisation), Unisys (Schengen Information Systems II et VIS) ou EMC pour la gestion des contenus d’entreprise (Enterprise Content Management).
o Microsoft a également multiplié ses projets de collaboration avec de grandes universités du monde entier, ce qui lui permet de prendre part à une recherche de pointe véritablement révolutionnaire qui, même sans application commerciale immédiate, lui ouvre d’importantes perspectives sur l’avenir de l’innovation informatique.
o Microsoft favorise le développement en open source et l’interopérabilité avec des logiciels en open source par le biais d’engagements organisés par Microsoft Open Source Software Lab et sur le site Web de la communauté, le portail Port25 (voir http://port25.technet.com/). Microsoft soutient également des projets en open source sur les sites CodePlex (voir http://www.codeplex.com/) et SourceForge (voir http://sourceforge.net/).
3. Les accès : Mise à disposition, directe ou indirecte, de la technologie via la cession de brevets sous licence, de droits d’auteurs, de secrets de fabrication, de marques, etc. Quelques illustrations :
o En décembre 2003, Microsoft a annoncé sa décision d'accorder ses droits de propriété intellectuelle (y compris code source, schémas, protocoles et documentation, ainsi que droits d’auteur, marques, brevets et secrets de fabrication associés) à des conditions commercialement raisonnables (voir http://www.microsoft.com/about/legal/intellectualproperty/howto/licensing.mspx). Ainsi les autres sociétés pourront-elles développer des outils permettant de traduire une diversité de technologies, formats ou protocoles –– par exemple, OpenXML/ODF Translator Add-in for Office développé sur sourceforge.net (voir http://sourceforge.net/projects/odf-converter).
o En partenariat avec la communauté OSS (Open Source Software), Microsoft a lancé, en 2006, son engagement OSP (Open Specification Promise) pour faciliter et optimiser l’accès de tous les développeurs, quel que soit leur modèle de développement, aux technologies et à la propriété intellectuelle Microsoft. L’engagement OSP offre une couverture de licences libres de droits sur des plateformes propriétaires et OSS, afin de mettre en œuvre 38 spécifications de services Web, des formats de disque dur virtuel, des technologies de protection contre les messages indésirables et OpenXML, tous prenant en charge l’interopérabilité. (Voir http://www.microsoft.com/interop/osp/default.mspx.)
o En outre, Ecma 376 est disponible dans le cadre du même « engagement de ne pas poursuivre en justice » selon lequel Microsoft a publié ses schémas de référence 2003. (Voir http://office.microsoft.com/en-us/products/HA102058151033.aspx.)
o Microsoft offre l’accès à son code source par le biais de programmes tels que SSI (Shared Source Initiative) (voir http://www.microsoft.com/resources/sharedsource/default.mspx) et GSP (Government Security Program) (voir http://www.microsoft.com/resources/sharedsource/Licensing/GSP.mspx).
o Microsoft dépense plus de 1,4 milliard de dollars dans l’acquisition des droits de propriété intellectuelle d’autres firmes. Microsoft a également conclu de nombreux accords de licences croisées afin de jouir d’une plus grande liberté d’innover, de limiter les conflits juridiques potentiels et de satisfaire aux besoins des clients.
4. Les standards : Développement et la mise en œuvre de standards ouverts et propriétaires et par leur intégration à des produits et services. Quelques illustrations :
o Les produits Microsoft mettent en œuvre et prennent en charge des milliers de standards et de spécifications du marché pour les formats de données, les protocoles de messagerie, les spécifications matérielles, l’accessibilité, les langages de programmation et les services Web, ainsi que pour les secteurs de l’éducation, de la santé, des finances, de l’automobile et des télécommunications (par exemple, protocoles DRDA, FTP, HTTP, IP, LU 6.2, MIME, SSL, SNA, SOAP, TCP, UDP, Unicode, X.509 et XML).
o Les ingénieurs Microsoft ont créé et/ou participé à la création de dizaines de normes, notamment : .NET CLI, C# CLI, HTML, IPv6, IPSec, Open XML, threads POSIX, SIDF, VC-1, VHD Image Format, XML et plus de 40 standards de services Web, tels que SOAP, WSDL et WS-I Basic Profile.
o Microsoft collabore activement avec plus de 100 organismes de normalisation nationaux et internationaux tels que Ecma, ETSI, OASIS, OMA, IEEE, IETF, ISO/IEC JTC1, ITU et W3C. Ainsi, Microsoft œuvre à la promotion de l’approbation de Ecma 376 (à l’ISO/IEC JTC1) qui, durant cinq mois (jusqu’au 2 septembre 2007), fait l’objet d’un processus d’analyse technique et de vote.