Si les économistes s’accordent sur l’importance du rôle des technologies de l’information sur le développement des économies locales, jamais une étude globale n’avait été menée pour évaluer concrètement ce phénomène. C’est maintenant chose faite puisque le cabinet IDC vient de publier les résultats d’une étude menée dans 82 pays et régions, analysant les impacts de l’industrie informatique en termes de création d’emplois, création d’entreprises, investissements ou augmentation des impôts et taxes collectés par ces différents pays.

Ces 82 pays où régions analysés représentent 99,5 % des investissements informatiques prévus pour 2007 (investissements atteignant la somme astronomique de 1 200 milliards de dollars) et peuvent raisonnablement être considérés comme significatifs.

Cette étude étant financée par Microsoft, IDC s’est aussi intéressé à la part de l’écosystème Microsoft (les sociétés commercialisant des produits pour la plateforme Windows ou qui complètent les offres produits Microsoft, les sociétés distribuant les produits Microsoft, et les sociétés proposant des prestations de services autours des produits Microsoft) et les résultats sont pour le moins instructifs :

D’un point de vue global :

  • Les technologies de l’information participeront en moyenne en 2007 à 2,5 % du PIB (Produit Intérieur Brut) des pays analysés, avec une projection de 2,75 % pour 2011.
  • Les technologies de l’information correspondent en 2007 à 35, 4 millions d’emplois, et ce chiffre devrait augmenter de 7,1 millions entre 2007 et 2011. Cette croissance de 4,7 % est trois fois supérieure à la croissance prévue des autres activités dans les pays analysés. De plus les emplois créés par l’industrie du logiciel devraient connaitre une croissance encore plus importante : 4,6 millions d’emplois soit 5,7 % de croissance.
  • L’achat de logiciels chez des éditeurs ne représente pour 2007 que 21 % des dépenses informatiques, mais cette activité ayant un impact important dans les secteurs de la distribution et du service, l’industrie du logiciel participe à hauteur de 50 % des emplois du secteur informatique.
  • IDC prévoit entre 2007 et 2011 la création de 100 000 nouvelles entreprises liées aux technologies de l’information, entreprises qui pour la plupart seront locales et de petite taille. 
  • 25 % des créations d’emplois entre 2007 et 2011 seront le fait des pays émergents.

Concernant l’écosystème Microsoft :

  • Cet écosystème représente en 2007 plus de 500 000 entreprises (constructeurs, éditeurs, sociétés de services, distributeurs). Les employés de ces entreprises vont payer plus de 500 millions de dollars d’impôts et taxes dans leurs pays respectifs.
  • L’écosystème Microsoft représentera en 2007 14,7 millions d’emplois, soit 42 % du nombre total d’emplois dans le secteur informatique.
  • Les sociétés participant à cet écosystème vont en 2007 générer 400 milliards de dollars et investir à hauteur de 100 milliards de dollars dans les économies locales.
  • Pour chaque dollar gagné par Microsoft, les sociétés travaillant autours de ses produits gagnent 7,79 dollars.

Voila donc une étude intéressante, qui est disponible en téléchargement (avec pour les plus méfiant un fichier décrivant la méthodologie employée et une série de questions / réponses).

Et puisque le sujet est abordé, voici quelques autres chiffres concernant ce fameux écosystème, chiffres un peu moins macro-économiques mais tout de même importants. L’écosystème Microsoft représente concrètement :

  • Des milliers d’applications disponibles.
  • 750 000 sociétés ayant le label de partenaires.
  • 450 000 professionnels MCSE (Microsoft Certified Systems Engineer).
  • 1,5 million de personnes certifiées MCP (Microsoft Certified Professional).
  • Plus de 6 millions de développeurs.
  • 2 200 groupes d’utilisateurs.
  • 400 sites Web communautaires.

Cette enquête est importante et met l’emphase sur le modèle économique de Microsoft fondé sur un écosystème de plateforme que Microsoft cherche bien sur à développer et dynamiser. Cela explique les accords de partenariats avec certains acteurs Open Source qui se sont multipliés ces derniers temps et la volonté de continuer à travailler avec les éditeurs Open Source. J’aurai l’occasion de développer plus amplement dans d’autres articles ces accords de partenariat avec des éditeurs Open Source.