Le phénomène “Bring Your Own Device” (BYOD) désigne le scénario par lequel les employés apportent leur propre matériel dans les locaux de l’entreprise pour un usage professionnel, en plus de leur utilisation dans un cadre purement privé, avec l’accord et éventuellement le support de l’employeur. C’est l’une des manifestations de la vague de consumérisation de l’informatique qui consacre l’imbrication de deux mondes : le monde du « grand public » et le monde de l’entreprise.

Ce phénomène peut s’expliquer par la conjonction de plusieurs facteurs. Nous vivons dans un monde de plus en plus connecté, que ce soit à la maison où l’internet est disponible en wifi depuis n’importe quelle pièce, à l’extérieur à travers le réseau 3G/4G, depuis l’hôtel, le hall d’aéroport: l’accès au web est partout disponible et a modifié de manière profonde et durable notre rapport au monde.

Dans son rapport sur le trafic et les données du marché daté de juin 2012, Ericsson prédit une couverture 3G de 85% de la population mondiale en 2017 et de 50% pour la 4G. Les estimations sur le trafic de données pour la téléphonie mobile font état d’une multiplication par quinze entre 2011 et 2017.

Nous profitons de cette connexion omniprésente pour consommer l’information sous toutes ses formes : journaux d’information sous leur format numérique plutôt que papier, messagerie personnelle ou privée, visualisation de vidéos, réseaux sociaux pour rester en contact avec un nombre de plus en plus impressionnant d’amis, chat en ligne avec les proches, jeux, etc. Ces nouveaux usages sont rendus disponibles par des équipements portables légers et de petite taille (smartphones), de la dimension d’une feuille de papier pour une meilleure lecture et doté d’une interface tactile (tablettes), équipés d’un écran et d’un clavier mais poids plume (Ultrabook). Le point commun entre ces différents équipements est leur puissance permettant de faire tourner des applications de plus en plus addictives, téléchargeables depuis des magasins d’applications et dont le nombre se calcule en centaines de milliers même si toutes n’ont pas le même intérêt.

Poussé par le marketing des fabricants leaders du marché et par une concurrence acharnée, la fréquence de renouvellement est stupéfiante même si les innovations ne sont pas toujours au rendez-vous des nouveaux modèles. Il faut dire que la taille du marché est phénoménale puisque, selon une source Gartner datant de février 2012, il s'est vendu près de 1,8 milliard de téléphones mobiles en 2011 dans un marché que l’on considère pourtant comme pratiquement saturé, dont 31% de smartphones soit 472 millions d’unités. Toujours selon le rapport Ericsson, si le nombre d’abonnements de smartphones était de 700 millions en 2011, il devrait atteindre 3 milliards en 2017. Le smartphone est, sans conteste, en train de devenir le moyen d’accès privilégié à internet.

Les prévisions de Forrester pour 2016 permettent d’établir la proportion d’équipement en tablettes et smartphones : rien que pour les Etats-Unis, Forrester anticipe que les foyers américains seront en possession de 126 millions de tablettes et 256 millions de smartphones.

Le facteur de forme est un élément privilégié dans le monde du grand public, de même que l’attraction liée à la marque qui fait de vous quelqu’un dans l’air du temps par la simple possession de l’objet. Avec un tel engouement pour les terminaux intelligents, les utilisateurs technophiles sont à la fois de plus en plus autonomes, à la pointe de la technologie et deviennent eux-mêmes prescripteurs de technologies.

On abordera dans un prochain billet la suite de cette réflexion sur le BYOD, en analysant les causes et la réalité supposée ou réelle de son adoption.